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La facture électronique, et ce qui la fait rejeter

Une facture électronique n'est pas une facture en PDF. C'est un PDF qui PORTE sa facture, en XML, dans un format que la machine de votre client sait lire, et qui la refuse au moindre écart. Voici ce que la norme exige, et de quoi le vérifier sans envoyer votre facturation chez personne.

Le 1er septembre 2026, et ce qui change vraiment

Toute entreprise française devra être en mesure de RECEVOIR une facture électronique à cette date. C'est l'obligation la plus large, et la plus discrète : elle concerne l'artisan qui facture trois fois par mois comme le groupe qui en émet dix mille.

L'émission suit par tailles : les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire au 1er septembre 2026, les petites et moyennes entreprises et les micro-entreprises au 1er septembre 2027. Plus de dix millions d'acteurs sont concernés.

Ce qui change pour celui qui émet n'est pas le geste (on continue d'appuyer sur « envoyer ») mais le fait qu'une machine relise la facture avant un humain. Une facture rejetée n'est pas une facture en retard : c'est une facture qui n'existe pas pour la comptabilité de son destinataire, et le délai de paiement ne court pas.

Ce qu'est un Factur-X, en une minute

Un Factur-X est un PDF/A-3 (un PDF d'archive, lisible par n'importe quel lecteur), qui porte en pièce jointe un fichier XML structuré selon la syntaxe CII de l'UN/CEFACT. L'humain lit le PDF, la machine lit le XML, et les deux sont censés dire la même chose.

Le format est co-publié par le FNFE-MPE côté français et le FeRD côté allemand : Factur-X et ZUGFeRD sont techniquement le même format, sous deux noms. Une facture allemande valide l'est en France, et réciproquement.

Cette double nature explique la plupart des rejets : un document peut être un PDF parfait avec un XML faux, un XML parfait dans un PDF mal fabriqué, ou les deux bons mais qui se contredisent.

Vérifier une facture

Pourquoi une facture est rejetée : quatre couches

Le conteneur. Le PDF est-il un vrai PDF/A-3 ? Les polices sont-elles incorporées, l'intention de sortie présente, le document non chiffré ? C'est l'erreur technique la plus fréquente, et elle n'a rien à voir avec la comptabilité.

La pièce jointe. Le XML est-il là, s'appelle-t-il factur-x.xml, est-il déclaré comme une AUTRE FORME du document (/AFRelationship /Alternative) et non comme une annexe ? Un XML parfait rangé sous un mauvais nom ne sera pas lu.

La grammaire. Le XML respecte-t-il la syntaxe CII : les bonnes balises, dans le bon ordre, avec les bonnes cardinalités ?

Les règles métier. C'est la couche qui rejette le plus : le total TTC doit être le total HT plus la TVA, la TVA doit faire la somme des ventilations, une exonération doit dire son motif. Ces règles portent des codes (BR-CO-15, BR-E-10), et ce sont eux que le portail de votre client vous renverra.

Tous les codes de rejet, expliqués

Le piège des profils, que personne ne dit assez fort

Factur-X a cinq profils : MINIMUM, BASIC WL, BASIC, EN 16931 et EXTENDED. Ils ne portent pas la même chose, et c'est là que ça se joue.

MINIMUM et BASIC WL sont de vrais profils Factur-X qui ne sont PAS conformes à l'EN 16931 : ils ne portent aucune ligne de facture. Ce sont des en-têtes comptables, pensés pour l'imputation. Beaucoup de logiciels les produisent par défaut, et leur utilisateur croit émettre une facture électronique conforme jusqu'au premier rejet.

Le profil se déclare dans le XML lui-même, et c'est cette valeur que les contrôles regardent. Une facture qui contient des lignes mais se déclare MINIMUM sera jugée sur ce qu'elle déclare.

Pourquoi vérifier ici, et pas chez un autre

Les validateurs en ligne existent, et ils fonctionnent. Ils ont tous le même défaut : il faut leur téléverser la facture. Or une facture porte un IBAN, un chiffre d'affaires, l'identité d'un client, parfois une remise négociée qu'aucun concurrent ne devrait connaître.

Ici, rien ne part. Le fichier est lu par le navigateur, sur votre machine, et la politique de sécurité de la page interdit toute connexion sortante : connect-src 'self'. Ce n'est pas une promesse, c'est une règle appliquée par votre navigateur, et vous pouvez la vérifier vous-même en trente secondes.

Conséquence directe : autant de factures que vous voulez. Il n'y a pas de serveur à payer derrière, donc pas de facturation au document, pas de compte à créer, pas de limite de volume. Un cabinet comptable peut y passer le portefeuille entier de ses clients sans qu'aucun fichier ne quitte le bureau.

Comment le vérifier vous-même L'installer sur votre réseau

Ce que cet outil ne fait pas

Nous ne sommes pas une Plateforme de Dématérialisation Partenaire. Nous ne transmettons rien à l'administration, ni à Chorus Pro, ni à votre client : nous lisons un fichier et nous vous disons ce qui ne va pas.

Nous ne délivrons aucune attestation de conformité, et le rapport ne dit jamais « facture conforme ». Il dit « aucune erreur détectée sur les N règles testées », N étant le nombre de contrôles réellement joués, parce que c'est ce qui est vrai.

La conformité PDF/A n'est pas vérifiée exhaustivement. La référence du secteur, veraPDF, n'a pas d'équivalent qui tourne dans un navigateur : nous testons la quinzaine de conditions qui causent la grande majorité des rejets réels, et nous appelons cela un contrôle de pré-vol.

Nous ne corrigeons pas votre facture. L'outil vous dit quel champ, quelle ligne, quelle valeur attendue : la correction se fait dans le logiciel qui a produit le fichier, et c'est le seul endroit où elle tiendra.